Les premières traces d’occupation humaine à Aigle remontent aux alentours de 2000 av. J.-C., mais globalement toute la Préhistoire locale n’est connue que par quelques trouvailles.
De l’époque romaine, du Ier au Vème siècle ap. J.-C.-, plusieurs habitations ont été relevées dans la région du château, dans le quartier du Cloître ainsi que dans la plaine. Le Haut-Moyen Age est peu connu. Si certaines recherches historiques laissent penser que l’église du Bourg (Saint-Jacques) et donc l’habitat aux alentours seraient très anciens (VIIe-VIIIe siècle ap. J.-C.) les traces matérielles reconnues à ce jour se résument à quelques tombes éparses.
Vers la fin du XIIème siècle, la tour d’origine du Château est construite par les chevaliers de cette famille et quelques années plus tard une autre tour est érigée en face, peut-être par les Savoie, à l’emplacement de l’actuelle Maison de la Dîme.
En 1232, le comte Thomas Ier de Savoie élève au rang de bourg le quartier de l’église paroissiale (Saint-Jacques) et en 1314, le comte Amédée V en fait une ville libre par l’octroi d’une charte de franchise.
La Commune paroissiale d’Aigle, ou grande paroisse, se composera jusqu’en 1831 du Bourg et des quartiers adjacents ainsi que des territoires communiers de Leysin, Yvorne et Corbeyrier.
En 1475, lors des guerres de Bourgogne, des montagnards de la région de Saanen et du Pays d’Enhaut, alliés de Berne, prennent et incendient la tour d’Aigle. Mais ils remettent leur conquête à Berne contre le paiement du tiers du revenu de la région. Suite à la Convention de Fribourg de 1476, l'actuel Chablais vaudois, sauf Villeneuve, reste Bernois et devient ainsi la première terre francophone à faire partie de la Confédération suisse.
Au niveau religieux, Aigle est une pionnière.
Vers les derniers jours de l’an 1526, un étranger du nom d’Ursinus vient à Aigle en qualité de maître d’école. Le jour il enseigne à lire aux enfants et le soir, ce sont les pères de famille qui se réunissent pour entendre ses leçons. Ce maître d’école n’est autre que Guillaume Farel le réformateur, secrètement envoyé par le Conseil de Berne, encore catholique mais très favorable à la nouvelle religion protestante. Les prêches de Farel sont diversement accueillis dans la région. Un groupe d’Aiglons est fervent partisan de la Réforme, mais d’autres sont plus réservés. On raconte qu’une altercation opposa Farel à un moine prêcheur et que les deux dormirent quelques jours de novembre dans les cachots glacés du Château d’Aigle.
L’adoption officielle de la Réforme par Berne en 1528 fit d’Aigle la première paroisse protestante au Monde et eut pour conséquence la conversion obligatoire de tous les territoires relevant de son autorité. Mais les choses ne se passèrent pas sans difficultés, plus particulièrement dans les montagnes. Ainsi il paraît que les paysans des Ormonts n’appréciaient pas du tout Farel. Mais comme ils craignaient de s'attirer l'animosité des Bernois s'ils maltraitaient le Réformateur, ils lâchèrent sur lui leurs femmes armées de battoirs de blanchisseuses. Farel n’échappa qu’avec peine à leurs coups.
Au XVIIème siècle, l’enseignement se démocratise quelque peu et touche quasiment toutes les couches sociales. La population de langue allemande est importante; outre l’église Saint-Jacques qui lui est réservée, un régent (instituteur) allemand est aussi installé dans la région.
On note également les premiers procès en sorcellerie. Des bûchers sont installés aux limites de la Commune, à Verschiez, et au Ciclet.
Le XVIIIème siècle est le siècle des lumières. La Bourgeoisie devient de plus en plus puissante. Une crue de la Grande-Eau en 1740 vient endeuiller la région et cause un conflit politique, les communiers d’Yvorne et de Corbeyrier refusant de participer aux travaux d’endiguement.
L’exploitation des gisements de sel découverts en 1554 donne un renom international à la ville plus particulièrement grâce à Albert de Haller qui fut directeur des Salines de 1758 à 1764. L’exploitation des salines est transférée à Bex en 1798.
Le Château se transforme de forteresse médiévale en résidence aristocratique pour apparaître à peu près tel qu’il est aujourd’hui.
Le XIXème siècle est le siècle de la Révolution économique. Aigle voit l’essor de l’industrie. L’économie d’Aigle est féconde. Une parqueterie, une brosserie, une brasserie, une usine pharmaceutique et de nombreux commerces de vin sont créés.
Le Château est sans nulle doute le fleuron de la ville. Après la Révolution vaudoise de 1798, il est acquis aux enchères par la Commune d’Aigle en 1804 et devient, par ordre du canton, le siège du tribunal et des prisons de district et ce jusqu’en 1972. Il accueille aussi l’hôpital d’Aigle de 1804 à 1832.
Aujourd’hui, après dix-neuf étapes de restauration, il est devenu un lieu de culture et de convivialité puisqu’on y trouve, entre autres, le célèbre Musée vaudois de la vigne, du vin et de l’étiquette. Fondé par la Confrérie du Guillon en 1971 avec pour mission première de sauvegarder le patrimoine vigneron vaudois qui tendait à disparaître, le Musée de la vigne et du vin illustre dans ses 17 salles la dimension culturelle de la viticulture dans le Canton de Vaud, en Suisse et dans les pays limitrophes. Il présente également 200 ans d’histoire dans 52 pays à travers un millier d'étiquettes de vin datées principalement du début du XIXe siècle aux années 1960.
Un vaste et ambitieux projet de réorganisation et de modernisation du Musée vaudois de la vigne, du vin et de l’étiquette est en route.
Le Musée tournera autour du bipôle nature et culture. D’une part, il s’agira de développer une nouvelle approche méthodologique liée aux sens et aux émotions (le goût, les goûts, la dégustation, l’analyse sensorielle, …) et d’autre part d’intégrer aux collections patrimoniales du musée une nouvelle approche thématique centrée plus particulièrement sur les pratiques contemporaines dans les domaines de l’environnement, de la nature, du paysage, du travail de la terre, de la culture de la vigne, du raisin, … Il conviendra encore d’optimiser des offres déjà présentes sur le site telles que visites guidées, restaurant, salles de réceptions et de banquets, salles pour séminaires et congrès.
D’ici à 2009-2010, un espace dédié à l’œuvre et à la vie du «peintre des Alpes vaudoises et de la plaine du Rhône par excellence» devrait voir le jour au Château.
Les descendants de Frédéric Rouge ont en effet émis le désir de léguer leur collection – une trentaine d’œuvres – à une fondation à constituer. Celle-ci s’engagerait à créer un tel musée dans la forteresse aiglonne.
Un accent particulier sera mis sur la contribution de l’artiste à la mise en valeur des produits régionaux (Bitter les Diablerets, Aigle les Murailles, vins de la Commune, etc.) et les activités sociales (gymnastique, chanteurs, etc.).
Aigle possède une rue mythique, la rue de Jérusalem, dont on entend parler comme d’un décor inchangé depuis des siècles. Seul son nom date du XXème siècle. En arpentant son sol pavé, on admire les superbes maisons anciennes que des passerelles couvertes relient les unes aux autres.
Aigle a également sa «rive droite et rive gauche» avec son pont Napoléon qui enjambe la rivière de la Grande Eau.
Figure également au patrimoine de la ville, le tirage des Mousquetaires, réservé aux bourgeois d’Aigle. La constitution de la société de tir, vieille de plus de 400 ans, est liée à l’introduction des premières armes à feu, arquebuse et mousquet. Dans la première moitié du XXème siècle, la société connaît des difficultés dues aux deux guerres mondiales et aux nombreux problèmes économiques. A partir de 1948, une nouvelle gestion lui assure enfin une vraie stabilité, qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Deux autres abbayes ont été créées:
>L’Abbaye de l’Aigle Noir, fondée en 1820, ouverte à tout citoyen masculin suisse l’Abbaye du grand district les Nobles Cœurs fondée en 1990, qui a la particularité d’accepter les femmes.
Parler du patrimoine sans parler de la vigne serait un sacrilège. La vigne tient une large place dans l’économie, puisqu’elle s’étale sur une surface de 132 ha. Le cépage blanc représente plus du 80 % de la production et fait la renommée de notre région dans l’ensemble de la Suisse. Les rouges occupent aussi une place de choix avec, souvent, beaucoup d’harmonie et de richesse. Par ailleurs, la viticulture, qui emploie une main d’œuvre importante, rapporte des revenus fiscaux appréciables. Quatre négoces, une coopérative vinicole et une quinzaine de vignerons encaveurs se partagent la récolte.
Aigle jouit d’une position stratégique par rapport à la relation ville-campagne-montagne, avec l’avantage de l’ouverture vers la Riviera vaudoise et le lac. Aigle se situe au carrefour d’un réseau ferroviaire et routier conduisant directement au cœur de 9 stations alpines connues, offrant toutes les possibilités de sports d’hiver et munies d’équipements complets qui en font également des lieux de villégiature appréciés en été.
L’apparition de la voie ferrée du Simplon en 1857 entraîna le développement du tourisme.
La 2ème moitié du XIXème siècle voit l’ouverture de la rue de la Gare, de deux grands hôtels et d’une ligne de tramway qui reliait la gare aux Fahy.
La route des Ormonts est construite et avec elle l’accession aux montagnes, donc au tourisme. Les lignes de train Aigle-Leysin, Aigle-Ollon-Monthey-Champéry et Aigle-Sépey-Diablerets entrent en fonction. Compte tenu de l’accroissement démographique, des bâtiments scolaires sont bâtis.
Depuis 1998, Aigle possède son propre réseau de bus sur le territoire communal.
Les transports se sont structurés, rassemblés. L’aboutissement de ce réaménagement a été l’inauguration de la place de la Gare en octobre de cette année. Après 5 ans de travaux et 42 millions de francs investis, la nouvelle place permet aux quelques 3 millions d’usagers annuels qui transitent par cette gare – la 2ème en terme d’importance sur la ligne du Simplon - de mieux s’y retrouver entre les trafics ferroviaire, automobile et piétonnier.
Traversée par le Rhône dans sa large plaine avec comme toile de fond la chaîne de montagnes des Alpes, Aigle se situe rive droite, face au soleil couchant, au milieu des vignes.
Jusqu’à peu, quatre quartiers configuraient la Commune; ils se sont développés progressivement et un cinquième, le quartier sous-gare est en forte expansion actuellement, corollaire d’un dynamisme économique et touristique réjouissant.
Le quartier du Bourg, qui s’est développé au nord de l’église Saint-Jacques, a été durant plus de huit siècles, le centre de la vie urbaine et de ses diverses activités. Dès le milieu du XIVe siècle, un hospice pour les pauvres et les malades s’est constitué et a perduré jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
Tout à l’ouest d’Aigle, le quartier de la Chapelle s’est regroupé autour d’un sanctuaire dépendant de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, et cité dès le XIIe siècle. La chapelle sera démolie à la Réforme et il n’en reste que quelques maigres éléments dans les caves de la propriété Saint-Pierre.
Citée aussi dès le XIIe siècle dans le quartier du Cloître, au pied du château, l’église Saint-Maurice, a peut-être été fondée par les moines du monastère homonyme d’Agaune. A la Réforme elle deviendra paroissiale en lieu et place de Saint-Jacques.
Le quartier de la Fontaine, nommé ainsi à cause de ses nombreuses sources, est situé sur la rive droite de la Grande-Eau. C’est vraisemblablement le plus récent, datable de la fin du Moyen Age. On y voit encore un remarquable lavoir couvert.
On raconte qu’il a été construit par les habitants de Leysin pour y entreposer le fruit des terres et vignes qu’ils possédaient en plaine
Une zone industrielle importante, actuellement en plein développement, a pris naissance sur la rive aiglonne du Rhône.
Se doute-t-on de la répartition du territoire de la commune? Un diagramme représentatif nous montre que seul un tiers est constructible. Les deux autres tiers sont constitués par de la forêt, de la vigne et la zone agricole.
Grâce à son théâtre, ses musées, sa bibliothèque, la Fondation Hervé (voitures anciennes), ses 49 sociétés locales qui attirent les seniors et juniors de toute la région, son cinéma triplex Cosmopolis, Aigle permet à chacun de se distraire.
Une balade commentée de 27 fontaines historiques, un parcours documenté sur les noms des rues d'Aigle permettent de découvrir ou redécouvrir nos merveilleux quartiers.
Sportive active ou passive,elle est traversée pour avoir accès aux domaines skiables des Alpes vaudoises (et même valaisannes …). C’est également le lieu d’organisation de nombreuses manifestations.
Dès décembre 1997, avec l’appui des autorités locales et régionales, et grâce à un extraordinaire travail, le Cyclophile aiglon a réussi à faire s’installer à Aigle le siège de l’Union Cycliste Internationale et le nouveau Centre Mondial du Cyclisme avec son vélodrome. Il a séduit nombre de téléspectateurs en étant choisi comme quartier général d’une série policière (Zodiaque).
Aigle possède aussi l’un des golfs 18 trous les plus fréquentés de Suisse ainsi qu’une piscine olympique de plein air.
Le Parc Aventure quant à lui fait évoluer les téméraires dans les arbres jusqu'à 15 mètres de haut, en toute sécurité, avec 5 parcours de niveaux différents et 2 parcours Kids, à travers ses 2 ha.
Des natifs d’Aigle ont fait connaître la cité hors frontière et continuent de faire parler d’Aigle:
Pascal Richard en cyclisme.
Philippe Herzog en haltérophilie, six fois champion du monde, numéro un mondial et détenteur du record du monde.
Avec les nombreuses manifestations organisées sur son territoire, comme par exemple le Comptoir d’Aigle et du Chablais, Aigle verre en main, la Brocante, le Marché gourmand, le Festival Trottinette, la Braderie, la Fête des Couleurs. Autant d’occasions de venir se divertir chez nous.
Les centres scolaires publics (au Centre-Ville et à la Planchette) regroupent 750 élèves pour le secondaire et 630 pour le primaire.
Enfin, 530 apprentis(es) de tout le Chablais suivent les cours de formation professionnelle dans le bâtiment construit à leur intention à l’Avenue des Marronniers.
Et pourquoi pas un gymnase, compte tenu de la démographie toujours plus grandissante des habitants du Chablais?
Elle a la plus grande zone d’activités du canton de Vaud.
Aigle s’impose avec des entreprises de renommée internationale, notamment dans l’alimentaire, la métallurgie, l’électronique, la cosmétique et bientôt dans l’ingénierie spatiale.De nombreux ouvrages sont en cours de réalisation, tels le nouveau complexe de cinémas, de nouveaux immeubles, la rénovation et l’agrandissement de quartiers.
La Commune d’Aigle est membre de l’Association Cité de l’énergie depuis 1998. Un premier état des lieux de la politique énergétique communale a été réalisé en 2000. Depuis, de nombreuses mesures ont été mises en œuvre, dont le remplacement ponctuel de l’éclairage public par des lampes à sodium consommant 2,5 fois moins que les anciens luminaires, le changement du couplage chaleur-force de la STEP (station d’épuration) pour permettre une meilleure valorisation du biogaz produit par les boues, la création de plusieurs zones 30km/h, l’adhésion au programme de promotion des deux-roues électriques «NewRide», l’analyse des consommations énergétiques de 15 bâtiments communaux avec propositions d’améliorations.
Un programme de politique énergétique pour la période 2006-2010 a été élaboré en 2005 et adopté par la Municipalité en juin 2006. L’objectif de la commune est d’obtenir le Label Cité de l’Energie en 2008. L’état des lieux de la politique énergétique est à cette fin actuellement mis à jour.
En vue de sensibiliser le public, plusieurs actions ont également été réalisées comme par exemple:
deux forums pour la campagne «bien-construire.ch»,
la mise en place de deux lignes pédibus,
la gratuité à des périodes données du Bus Communal Aigle et du P’tit Chablaisien,
l’offre de deux cartes journalières CFF et deux cartes TPC SA en faveur des citoyens aiglons,
la distribution de «Sakatri» et la mise en place de quatre Eco-points en plus de la déchetterie.
Aigle, riche de son passé et de ses expériences, regarde résolument vers le futur, à l’instar de ses armoiries: l’aigle couleur sable du dessous soutient par la tradition l’essor de l’Aigle jaune du futur.